Économie

Loi de finances

La loi de finances est le texte voté chaque année par le Parlement pour autoriser l'État à lever l'impôt et à dépenser. Elle fixe les recettes, les dépenses et le solde du budget de l'État.

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Mis à jour le

Illustration du budget de l'État et de la loi de finances

Qu'est-ce qu'une loi de finances ?

Une loi de finances est une loi qui détermine, pour une année civile, la nature, le montant et l'affectation des ressources et des charges de l'État. Concrètement, c'est le texte qui autorise le gouvernement à percevoir les impôts et à engager les dépenses publiques. Sans loi de finances votée, l'État ne peut en principe ni prélever l'impôt ni payer ses dépenses au-delà de ce qui est strictement nécessaire.

La loi de finances traduit en chiffres les choix politiques du gouvernement et de la majorité : priorités d'investissement, réformes fiscales, économies, niveau de déficit. Elle est encadrée par l'article 47 de la Constitution et par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF).

Le budget de l'État : recettes, dépenses et solde

Le budget de l'État est l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État prévues et autorisées par la loi de finances pour une année. Il se compose de trois éléments :

  • Les recettes : essentiellement des recettes fiscales (la TVA en est la première, devant l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés et les taxes sur l'énergie), complétées par des recettes non fiscales (dividendes des entreprises publiques, amendes, redevances).
  • Les dépenses : rémunération des agents publics, fonctionnement des ministères, investissements, interventions (aides, subventions), charge de la dette et prélèvements versés aux collectivités locales et à l'Union européenne.
  • Le solde budgétaire : la différence entre recettes et dépenses. S'il est positif, on parle d'excédent ; s'il est négatif, de déficit budgétaire.
ÉlémentContenuExemples
RecettesRessources perçues par l'ÉtatTVA, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés
DépensesCrédits ouverts par missionEnseignement, défense, charge de la dette
SoldeRecettes moins dépensesDéficit financé par l'emprunt

Le budget de l'État est en déficit chaque année depuis le milieu des années 1970. Ce déficit est financé par l'emprunt, ce qui alimente la dette publique.

Les différents types de lois de finances

La loi de finances initiale (LFI)

C'est le budget de l'année, voté en fin d'année précédente. Quand on parle de « la loi de finances pour 2026 », il s'agit de la loi de finances initiale.

La loi de finances rectificative (LFR)

Appelée parfois « collectif budgétaire », elle modifie en cours d'année la loi de finances initiale : nouvelles dépenses urgentes, recettes moins bonnes que prévu, mesures de crise. Plusieurs LFR ont ainsi été votées en 2020 pour financer les mesures d'urgence liées au Covid-19.

La loi d'approbation des comptes

Anciennement appelée « loi de règlement », elle constate après coup les résultats de l'exécution du budget : ce qui a réellement été encaissé et dépensé. Elle permet au Parlement de contrôler l'écart entre prévision et réalité.

À ne pas confondre : la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) est un texte distinct, voté au même moment, qui encadre les comptes de la Sécurité sociale, financés notamment par les cotisations sociales et la CSG.

La LOLF : les règles du jeu budgétaire

La loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001, appliquée depuis 2006, fixe le cadre de présentation et de vote du budget. Elle a remplacé l'ordonnance de 1959 et introduit une logique de performance : on ne vote plus seulement des moyens, mais des politiques publiques assorties d'objectifs.

  • Missions : grandes politiques publiques (par exemple « Enseignement scolaire » ou « Défense »), sur lesquelles le Parlement vote les crédits.
  • Programmes : subdivisions des missions, confiées à un responsable, avec des objectifs et des indicateurs de performance.
  • Actions : précisent l'usage prévu des crédits au sein d'un programme.

La LOLF a été réformée en 2021 pour renforcer l'information du Parlement et le pilotage pluriannuel des finances publiques.

Le calendrier du projet de loi de finances (PLF)

  1. Printemps : le gouvernement prépare les grandes orientations et fixe des plafonds de dépenses par ministère (« lettres plafonds »).
  2. Été : arbitrages entre ministères et avec Bercy sur les crédits et les mesures fiscales.
  3. Fin septembre – début octobre : le projet de loi de finances (PLF) est présenté en Conseil des ministres puis déposé à l'Assemblée nationale, au plus tard le premier mardi d'octobre.
  4. Octobre – décembre : examen et vote par le Parlement.
  5. Fin décembre : contrôle éventuel du Conseil constitutionnel, promulgation et publication au Journal officiel, pour une entrée en vigueur au 1er janvier.

Le vote au Parlement et l'article 49.3

Le PLF est examiné d'abord par l'Assemblée nationale, puis par le Sénat. Il comporte deux parties : la première porte sur les recettes et l'équilibre général (elle doit être adoptée avant que l'on puisse discuter des dépenses), la seconde sur les dépenses par mission et les mesures diverses.

La Constitution impose des délais stricts : le Parlement dispose de 70 jours au total pour se prononcer. S'il ne l'a pas fait, le gouvernement peut mettre le budget en vigueur par ordonnance, une possibilité jamais utilisée sous la Ve République. Si la loi n'est pas votée à temps, une « loi spéciale » peut autoriser provisoirement l'État à percevoir les impôts existants, comme ce fut le cas fin 2024.

L'article 49 alinéa 3 de la Constitution permet au gouvernement de faire adopter le texte sans vote, en engageant sa responsabilité. Les députés peuvent alors déposer une motion de censure : si elle est adoptée, le gouvernement tombe et le texte est rejeté. En l'absence de majorité absolue à l'Assemblée, le 49.3 a été fréquemment utilisé pour les lois de finances ces dernières années.

Pourquoi la loi de finances est-elle importante ?

  • Démocratie : le consentement à l'impôt, principe hérité de 1789, passe par le vote des représentants des citoyens.
  • Vie quotidienne : barème de l'impôt sur le revenu, crédits d'impôt, aides, moyens des écoles et des hôpitaux publics dépendent de ce texte.
  • Finances publiques : la loi fixe la trajectoire du déficit et de la dette, suivie par la Commission européenne et les marchés financiers.

Les documents budgétaires (PLF, annexes, rapports) sont publiés sur le site du ministère de l'Économie et sur celui de l'Assemblée nationale ; la Cour des comptes en contrôle l'exécution.

Questions fréquentes

C'est quoi une loi de finances en termes simples ?

C'est la loi votée chaque année par le Parlement qui autorise l'État à percevoir les impôts et fixe le montant de ses dépenses par grande politique publique, ainsi que le déficit prévu.

De quoi se compose le budget de l'État ?

Le budget de l'État se compose de recettes (surtout fiscales, comme la TVA et l'impôt sur le revenu), de dépenses (personnel, fonctionnement, investissement, interventions, charge de la dette) et d'un solde budgétaire, qui est un déficit lorsque les dépenses dépassent les recettes.

Quelle est la différence entre PLF et loi de finances ?

Le PLF (projet de loi de finances) est le texte proposé par le gouvernement à l'automne. Il devient loi de finances une fois adopté par le Parlement et promulgué.

Qu'est-ce qu'une loi de finances rectificative ?

C'est une loi votée en cours d'année pour modifier le budget initial, par exemple pour financer des dépenses imprévues ou tenir compte de recettes différentes des prévisions.

Que se passe-t-il si le budget n'est pas voté avant le 31 décembre ?

Le gouvernement peut faire voter une loi spéciale qui l'autorise à continuer à percevoir les impôts existants, puis les dépenses sont engagées a minima en attendant l'adoption d'une loi de finances.

À retenir

La loi de finances est l'acte par lequel le Parlement autorise chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le budget qu'elle fixe se compose de recettes, de dépenses et d'un solde, généralement déficitaire. Encadrée par la Constitution et la LOLF, elle suit un calendrier précis de l'automne au 31 décembre et peut être modifiée en cours d'année par une loi de finances rectificative.