Qu'est-ce qu'une obligation ?
Une obligation est un titre de créance : c'est une fraction d'un emprunt émis par un État, une collectivité ou une entreprise. En achetant une obligation, l'investisseur prête de l'argent à l'émetteur, qui s'engage à lui verser des intérêts (le coupon) et à rembourser le capital à une date fixée (l'échéance).
Les obligations permettent aux États de financer leur dette publique et aux entreprises de lever des fonds sans passer par la banque ni ouvrir leur capital. Le marché obligataire est, en montant, plus important que le marché des actions.
Coupon, maturité et valeur nominale
- Valeur nominale : le montant prêté par titre, qui sera remboursé à l'échéance (par exemple 1 000 €).
- Coupon : l'intérêt versé périodiquement, souvent une fois par an, exprimé en pourcentage du nominal. Un coupon de 3 % sur 1 000 € rapporte 30 € par an.
- Maturité : la durée de vie de l'obligation, de quelques mois à plusieurs dizaines d'années.
- Émetteur : celui qui emprunte, dont la solidité financière détermine le risque.
Il existe des variantes : obligations à taux variable, indexées sur l'inflation (comme les OATi en France), à coupon zéro (aucun intérêt intermédiaire, mais un prix d'achat inférieur au nominal), convertibles en actions, ou encore obligations vertes dont les fonds financent des projets environnementaux.
Prix et taux : une relation inverse
Une obligation peut être revendue avant son échéance, et son prix varie alors. La règle fondamentale est la suivante : quand les taux d'intérêt du marché montent, le prix des obligations existantes baisse, et inversement.
Exemple : vous détenez une obligation à 2 %. Si les nouvelles obligations rapportent 4 %, personne ne voudra racheter la vôtre au prix initial. Son prix baisse jusqu'à ce que son rendement effectif se rapproche de 4 %. Plus la maturité restante est longue, plus cette variation de prix est forte : on parle de sensibilité ou de duration.
C'est ce qui explique les fortes pertes de nombreux fonds obligataires en 2022, lorsque les banques centrales ont relevé rapidement leurs taux pour lutter contre l'inflation.
La notation et le risque de crédit
Le principal risque d'une obligation est le risque de défaut : l'émetteur ne peut plus payer ses intérêts ou rembourser. Des agences de notation (S&P, Moody's, Fitch) évaluent ce risque par une note allant de AAA (qualité maximale) à D (défaut).
- Catégorie « investissement » (de AAA à BBB-) : émetteurs jugés solides, rendement plus faible.
- Catégorie « spéculative » ou « haut rendement » (BB+ et en dessous) : risque plus élevé, compensé par un taux plus élevé.
L'écart de taux entre un émetteur et une référence jugée très sûre s'appelle le spread : il mesure la prime de risque exigée par les investisseurs.
Les obligations d'État : l'exemple des OAT
En France, l'État emprunte principalement grâce aux OAT (obligations assimilables du Trésor), émises par l'Agence France Trésor sur des maturités allant généralement de 2 à 50 ans. Le taux de l'OAT à 10 ans est un indicateur suivi de près : il influence les taux des crédits immobiliers et reflète la confiance des marchés dans les finances publiques. On le compare souvent au Bund allemand, et l'écart entre les deux sert de thermomètre du risque perçu sur la France.
Les particuliers achètent rarement des OAT en direct : ils y sont surtout exposés via les fonds en euros de l'assurance vie ou des fonds obligataires.
Différence entre action et obligation
| Critère | Action | Obligation |
|---|---|---|
| Nature | Part du capital (propriété) | Titre de dette (créance) |
| Statut du détenteur | Actionnaire, associé | Créancier, prêteur |
| Revenu | Dividende variable, non garanti | Coupon généralement fixé à l'avance |
| Durée | Illimitée | Échéance définie |
| Droit de vote | Oui | Non |
| En cas de faillite | Remboursé en dernier | Remboursé avant les actionnaires |
| Risque et rendement attendu | Plus élevés | Plus faibles en général |
Les deux types de titres sont complémentaires dans un portefeuille : les actions, échangées en Bourse, visent la performance à long terme, tandis que les obligations apportent des revenus plus réguliers et amortissent souvent les chocs.
Marché primaire, marché secondaire et risque de liquidité
Le marché primaire
C'est le « marché du neuf » : l'émetteur y place ses nouvelles obligations (ou actions) auprès des investisseurs, souvent par adjudication pour les États ou par syndication bancaire pour les entreprises. L'argent levé va directement à l'émetteur.
Le marché secondaire
C'est le « marché de l'occasion » : les titres déjà émis s'y échangent entre investisseurs. L'émetteur ne reçoit rien de ces transactions, mais le marché secondaire est essentiel : il permet de revendre ses titres avant l'échéance et fixe leur prix au quotidien. Pour les obligations, l'essentiel des échanges se fait de gré à gré entre institutions plutôt qu'en Bourse. Pour en savoir plus, voir les marchés financiers.
Le risque de liquidité
Le risque de liquidité est la difficulté à revendre rapidement un titre sans subir une forte décote, faute d'acheteurs. Il est faible pour les grandes obligations d'État très échangées, plus élevé pour les petites émissions d'entreprises, les obligations très spéculatives ou en période de crise, quand tout le monde veut vendre en même temps. Il s'ajoute aux autres risques : risque de taux, risque de crédit et risque d'inflation, qui érode la valeur réelle des coupons fixes.
Questions fréquentes
C'est quoi une obligation en finance ?
C'est un titre de créance émis par un État, une collectivité ou une entreprise pour emprunter de l'argent auprès d'investisseurs. L'acheteur reçoit en général des intérêts réguliers, appelés coupons, puis le remboursement du capital à l'échéance.
Quelle est la différence entre une action et une obligation ?
Une action est une part du capital d'une entreprise : son détenteur est associé, peut toucher des dividendes variables et assume le risque de perte totale. Une obligation est un prêt : son détenteur est créancier, perçoit un intérêt fixé à l'avance et est remboursé en priorité par rapport aux actionnaires en cas de faillite.
Pourquoi le prix des obligations baisse quand les taux montent ?
Parce qu'une obligation déjà émise verse un coupon fixe. Si de nouvelles obligations offrent un taux plus élevé, l'ancienne devient moins attractive et son prix baisse jusqu'à ce que son rendement rejoigne celui du marché. L'inverse se produit quand les taux baissent.
Qu'est-ce qu'une OAT ?
Une OAT, ou obligation assimilable du Trésor, est une obligation émise par l'État français pour financer sa dette, généralement sur des durées de 2 à 50 ans. Elle est gérée par l'Agence France Trésor et sert de référence pour les taux d'intérêt en France.
Quelle est la différence entre marché primaire et marché secondaire ?
Le marché primaire est celui où les titres sont émis pour la première fois : l'émetteur reçoit directement l'argent des investisseurs. Le marché secondaire est celui où les titres déjà émis s'échangent entre investisseurs, comme un marché de l'occasion ; il assure leur liquidité.
Qu'est-ce que le risque de liquidité d'une obligation ?
C'est le risque de ne pas pouvoir revendre rapidement une obligation sans accepter une forte baisse de prix, faute d'acheteurs. Il est faible pour les grandes obligations d'État très échangées et plus élevé pour les petites émissions d'entreprises.
À retenir
Une obligation est un prêt rémunéré par un coupon et remboursé à l'échéance. Son prix évolue en sens inverse des taux d'intérêt, et son rendement dépend du risque de l'émetteur, mesuré par la notation. Les OAT financent l'État français et servent de référence pour les taux. Contrairement à une action, une obligation fait de son détenteur un créancier, non un propriétaire. Les titres sont émis sur le marché primaire puis échangés sur le marché secondaire, avec un risque de liquidité variable selon l'émetteur.